Le projet de construction d’un terrain de soccer synthétique a été lancé en 2018. Il est évalué à 700 000$.

L’école primaire le Galion des Appalaches mise sur la Ville de Campbellton afin de mettre la main sur les fonds manquants pour lui permettre de terminer son terrain de soccer synthétique.

Le projet, dévoilé initialement en 2018, se fait toujours attendre. Qu’à cela ne tienne, il est bel et bien toujours en vie.

L’école Galion des Appalaches confirme en effet qu’elle souhaite toujours aménager un terrain de soccer synthétique tout juste à côté de l’établissement. Le site est prêt et certains travaux d’aménagement préparatoire ont même été effectués.

Le projet en soi est évalué à 700 000$. Jusqu’à présent, et grâce à différents dons provenant de la communauté, 540 000$ ont été recueillis. Le manque à gagner se chiffre du coup à 160 000$. Afin de combler une grosse partie de ce montant, la direction de l’établissement a pensé bon aller frapper à la porte de la Ville de Campbellton.

Son directeur adjoint, Éric Levesque, s’est présenté devant le conseil municipal lundi soir pour plaider sa cause. Selon lui, les besoins pour un tel terrain synthétique sont grands dans la région. De fait, on y dénombre qu’un seul terrain réglementaire alors que ce sport demeure de loin le plus pratiqué. D’autres terrains plus petits sont en mauvais état où risquent de disparaître, comme c’est le cas du terrain UCT qui doit éventuellement faire place à la nouvelle école régionale anglophone.

«Quand on regarde la situation, nous sommes la seule région – mis à part la Péninsule acadienne – qui n’a pas un terrain synthétique», souligne M. Levesque.

Selon lui, un tel terrain comporte beaucoup d’avantages: une surface réglementaire, peu d’entretien, une plus grande durée de jouabilité (environ sept mois par année), un meilleur drainage. Cela permettrait également de tenir des événements sportifs d’envergures (Jeux de l’Acadie) ou des compétitions provinciales.

Outre ces nombreux avantages, les représentants de l’école avaient également des arguments financiers à présenter aux membres du conseil. Car si le don semble gros à première vue, le gain monétaire que la Ville retire de cette école depuis sa construction l’est encore plus.

En 2015, lorsque ce site abritait l’ancienne école primaire Apollo XI, l’évaluation foncière n’était que de 4,2 millions $. Campbellton percevait alors 75 174$ en revenus. La construction du Galion – l’école primaire régionale du Restigouche-Centre – a grandement bénéficié à la Ville à ce chapitre.

En 2020, l’évaluation foncière est estimée à 21,5 millions, ce qui fait bondir les revenus (de la Ville) à 383 586$. Depuis que l’école est ouverte donc (2016), la Ville aura ainsi engrangé plus de 1,14 million $ en revenus, loin des quelques 225 000$ qu’auraient généré l’école Apollo XI durant la même période…ou pire encore si l’établissement régional avait été construit dans une autre municipalité.

La logique des représentants du Galion est la suivante: l’école rapporte gros à la Ville, il est donc logique de lui demander un coup de main pour compléter ce projet qui, de surcroît, profitera à toute la communauté, les associations sportives et autres établissements scolaires (qui elles pourront l’utiliser sans frais).

«On croit qu’il est légitime pour nous de demander, mais aussi pour la Ville de considérer sérieusement à devenir partenaire», exprime Éloi Doucet du District scolaire francophone Nord-Est,

Selon les estimations de M. Doucet, l’ajout de ce projet de 700 000$ devrait faire augmenter la valeur foncière de l’école, ce qui se traduirait par environ 13 000$ de plus annuellement dans les coffres de la Ville. Le don demandé se paierait ainsi de lui-même en moins de dix ans selon M. Doucet.

«Et là on ne parle pas de tous les apports supplémentaires pour la région, comme la possibilité d’organiser des tournois d’envergure», dit-il.

De son côté, le conseil municipal a semblé plutôt compréhensif face aux arguments et réceptif quant à la demande de financement. On a promis de discuter plus en profondeur du dossier sans toutefois promettre quoi que ce soit. Les conseillers semblaient en effet peu enclins à vouloir se compromettre pour une telle somme à l’aube des élections et ainsi menotter le futur nouveau conseil à cette décision.

La direction du Galion aimerait aménager le terrain dès septembre.

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